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L’hyperphagie boulimique

L’hyperphagie n’est pas une question de gourmandise

 

Lorsqu’il est question de troubles alimentaires, on pense habituellement à l’anorexie et à la boulimie. Il existe pourtant un autre trouble encore plus répandu, mais dont on entend très peu parler : l’hyperphagie boulimique.

 

Saviez-vous que…

  • L’hyperphagie boulimique est le trouble alimentaire le plus fréquemment rencontré. On estime qu’environ 192 000 Québécois1 en souffriraient.
  • À Montréal, 3,8 % de la population serait touchée par ce trouble, contre 1% pour l’anorexie et 2% pour la boulimie.
  • Près de 40% des gens qui souffrent d’hyperphagie sont des hommes. (Source : Profil)

Qu’est-ce l’hyperphagie boulimique?

L’hyperphagie boulimique est un trouble de santé mentale qui se caractérise par la présence de compulsions alimentaires, des rages incontrôlables de consommation de nourriture, mais sans méthodes compensatoires. Comme l’apport calorique excessif des crises de boulimie n’est pas compensé par des vomissements auto provoqués, le jeûne, l’abus de laxatif ou la pratique excessive d’activité physique, les personnes qui en souffrent sont souvent en surpoids ou obèses. Les épisodes de compulsions sont accompagnés d’un sentiment de perte de contrôle. À la suite de ces épisodes, la personne atteinte d’hyperphagie vit de la culpabilité, de la honte, des sentiments de remords et parfois même du dégoût envers elle-même. Plusieurs complications sur les plans social, physique et psychologique peuvent être reliées à l’hyperphagie. Par exemple, la personne peut développer de l’anxiété, de la dépression, de l’obésité, de la distension abdominale, du diabète, vivre de l’isolement social ainsi qu’une grande préoccupation concernant son image corporelle.

Ce trouble de santé mentale demeure encore méconnu. Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) a reconnu, dans l’édition de 2013, l’hyperphagie boulimique comme une entité clinique à part entière et a établi pour la première fois des critères diagnostiques. Dans les versions précédentes du manuel, l’hyperphagie boulimique était répertoriée dans la catégorie des troubles alimentaires non spécifiques, ce qui explique en partie que cette problématique soit autant méconnue. Cependant la souffrance engendrée par cette problématique demeure bien réelle.

Les symptômes possibles

  1. Présenter des crises de boulimie qui se définissent par l’absorption, en une période de temps limitée (moins de deux heures), d’une quantité de nourriture largement supérieure à ce que la plupart des gens absorberaient en une période similaire et dans les mêmes circonstances;
  2. Le sentiment d’une perte de contrôle sur le comportement alimentaire pendant la crise;
  3. Des crises survenant, en moyenne, au moins une fois par semaine durant trois mois. Ces crises sont associées à au moins trois des caractéristiques suivantes:
  • manger beaucoup plus rapidement que la normale;
  • manger jusqu’à éprouver une sensation pénible de distension abdominale;
  • manger de grandes quantités de nourriture en l’absence d’une sensation physique de faim;
  • manger seul parce que l’on est gêné de la quantité de nourriture que l’on absorbe;
  • se sentir dégoûté de soi-même, déprimé ou très coupable après avoir mangé;
  1. Le comportement boulimique est une source de souffrance marquée. La fréquence des crises de boulimie permet d’établir la sévérité de la maladie.

Qui peut être touché?

L’hyperphagie peut toucher toutes les personnes sans égard à leur âge, leur genre, leur origine ethnique, leur milieu socioéconomique, leurs croyances religieuses ou leur orientation sexuelle. Cette problématique est vécue par une proportion d’hommes plus élevée que dans les cas d’autres troubles de la conduite alimentaire, 2 hommes pour 3 femmes en seraient atteints.

Comment intervenir?

L’hyperphagie boulimique est un trouble de santé mentale avec des composantes génétiques, environnementales et psychologiques.

Une prise en charge multidisciplinaire est la clé d’une intervention réussie. Le médecin, le psychologue, le nutritionniste, et, si nécessaire, le psychiatre, sont les acteurs importants d’une approche collaborative efficace.

Le suivi nutritionnel offert par un nutritionniste permet d’aborder les restrictions cognitives et caloriques, de recadrer les fausses croyances, de rétablir une alimentation équilibrée exempte de restrictions tout en retrouvant un rythme alimentaire basé sur l’écoute des signaux de la faim et de la satiété.

Cependant il faut comprendre que l’hyperphagie boulimique est un trouble chronique. Ainsi, les personnes qui en souffrent peuvent avoir tendance à vivre plusieurs épisodes durant leur vie si elles ne suivent pas de traitement spécialisé.

Consultez un nutritionniste 

Ressources supplémentaires

Anorexie et boulimie Québec (ANEB)  et https://www.facebook.com/anebquebec/

National Eating Disorder Information Centre (NEDIC)

 

1 Hudson, J.I., et al., The prevalence and correlates of eating disorders in the National Comorbidity Survey Replication. Biol Psychiatry, 2007. 61(3): p. 348-58. Spitzer, R. L., et al., « Binge Eating Disorder : A Multisite Field Trial of the Diagnostic Criteria », International Journal of Eating Disorders, 1991, 11(3) : 191-203. Franko, D.-L., et al., «Racial/Ethnic Differences in Adults» dans Randomized Clinical Trials of Binge Eating Disorder. J. Consult. Clin. Psychol., 2012, 80(2) : 186-95.