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Histoire de la profession

La diététique, une profession moderne aux racines anciennes

L’influence de l’alimentation sur la santé est reconnue depuis l’Antiquité. Mais ce n’est que depuis un siècle que la diététique a obtenu un statut de profession autonome.

La diététique, entre philosophie et empirisme

Au temps d’Hippocrate, la diététique englobait autant l’alimentation  que l’activité physique, l’air respiré, les bains, les passions et « affections » de l’esprit. Aujourd’hui, on parlerait « d’hygiène de vie » ou de « savoir-vivre ».

Jusqu’au 18e siècle, la médecine accordait une grande importance à l’alimentation dans la prévention et la guérison de la maladie. D’ailleurs, le fameux proverbe « Que ton aliment soit ton premier médicament » d’Hippocrate illustre bien ce courant. Les principes diététiques étaient de nature philosophique et empirique, mais ils reconnaissaient que les aliments et l’exercice favorisent une bonne santé.

La diététique devient une science

Vers la fin du 18e siècle, la diététique se transforme, grâce à l’apport de la sciences comme la physiologie et la chimie. Le concept de nutrition prend forme.

C’est à cette époque que Lavoisier établit les bases de la calorimétrie et que des scientifiques mettent au point des techniques pour mesurer les besoins énergétiques et protéiques, ainsi que la valeur énergétique des aliments.

De plus, on découvre que des maladies comme le scorbut et le rachitisme sont liées à l’alimentation, ce qui mène à l’identification des vitamines.

Cette transformation de la diététique sur des bases plus scientifiques modifie profondément le traitement des maladies liées à la nutrition. Elle donne naissance à des normes comme les Apports Nutritionnels de Référence (ANREF), qui sont à la base du travail des diététistes/nutritionniste.

La diététique devient une profession

Les premières diététistes de l’ère moderne étaient des économistes ménagères ou des infirmières. Elles s’occupaient d’éducation nutritionnelle ou des régimes spéciaux dans les hôpitaux.

Comme formation, ces pionnières n’avaient souvent qu’un stage de quelques mois en cuisine diététique ou un diplôme d’économie familiale (home economics).

Les premières écoles ou départements de sciences domestiques ont vu le jour vers la fin du 19e siècle et au début du 20e. Elles étaient souvent rattachées aux facultés d’agriculture.
Les deux premières universités canadiennes à offrir ce type de programme ont été l’Université de Toronto (1902) et l’Université McGill (1907). Dans les années qui ont suivi, des hôpitaux canadiens ont instauré des internats en diététique.

Au même moment, des entreprises comme Eaton embauchaient des diététistes pour gérer leurs restaurants. Ces établissements commerciaux ont mis sur pied, dans les années 1920, un internat spécialisé en gestion de services alimentaires.

La profession s’organise

En 1917, l’American Dietetic Association voit le jour; deux Canadiennes participent à sa fondation.

Il faut attendre jusqu’en 1935 pour qu’un regroupement soit créé au Canada, l’Association canadienne des diététistes (ACD).

L’ACD tient son premier congrès l’année suivante, puis lance son Journal, en 1938.

Les diététistes au Québec

Au moment de la Seconde Guerre mondiale, le Québec comptait peu de diététistes. Cette situation commencera à changer avec la création de programmes d’enseignement dans le domaine à l’Université Laval (1941) et à l’Université de Montréal (1942).

Dans les années 1950 et 1960, les effectifs de la profession s’accroissent et le type de postes se diversifie, notamment auprès de clientèles « à risque », comme les femmes enceintes, les enfants et les milieux défavorisés.

Les années 1960 marquent aussi l’arrivée des hommes dans cette profession jusque-là essentiellement féminine.

En 1956, le gouvernement adopte la Loi des diététistes du Québec, ce qui fait de la province la première à accorder un statut légal à la profession. Les titres « diététiste » et « diététicien » lui sont désormais réservés.

De l’Association à l’Ordre professionnel des diététistes du Québec

La diététique a connu un essor remarquable durant les années 1960 et 1970. Le nombre de membres de l’Association des diététistes du Québec est ainsi passé d’environ 150 en 1956 à près de 1 000 en 1979-1980.
L’Association elle-même connaît son lot de transformation. En 1965, elle devient la Corporation des diététistes du Québec, en se joignant au Conseil interprofessionnel du Québec.

Avec l’adoption, en 1973, du Code des professions, elle adopte un nouveau nom : Corporation professionnelle des diététistes du Québec.

Le Code des professions impose à l’organisme des changements de structure, afin de mieux remplir son rôle de protection du public.

C’est en 1994 que l’organisme prend son nom actuel, soit l’Ordre professionnel des diététistes du Québec. Au même moment, le titre réservé de nutritionniste s’ajoutait également aux membres de la profession.

Puis, en 2002, la loi 90 précise le cadre réglementaire de la profession. Ce document, la Loi modifiant le Code des professions et d’autres dispositions législatives dans le domaine de la santé, redéfinit et actualise le champ de pratique des diététistes.

La loi 90 reconnaît un champ de pratique en deux volets aux diététistes-nutritionnistes :
1. la nutrition clinique, qui vise à adapter l’alimentation d’une personne afin de maintenir ou rétablir la santé ;
2. la nutrition publique, dont l’intervention vise les familles et la collectivité.

La loi 90 a aussi reconnu les diététistes-nutritionnistes comme seuls professionnels de la santé dont la formation et la compétence portent sur la nutrition humaine.

Une profession bien établie au Québec

Au 31 mars 2013, l’Ordre comptait 2 898 membres, dont 3 % sont des hommes. Le Québec est la 2è province qui compte le plus grand nombre de membre.

Par ailleurs, 9 % des membres de l’OPDQ appartiennent aussi à l’Association canadienne, désignée sous le nom de « Les diététistes du Canada » depuis 1996, date à laquelle elle fut complètement restructurée.

L’Association nationale s’est donnée comme but principal d’accroître la visibilité des diététistes, de leur fournir des outils de perfectionnement, de développer la recherche et de favoriser la communication entre les diététistes du Canada. Elle entend ainsi supplémenter le travail des corporations provinciales, qui ont d’abord pour mandat de protéger le public. L’organisme se veut plus décentralisé et plus proche de ses membres.
À l’intérieur de Diététistes du Canada, l’OPDQ fait partie de la région Québec-Nord-Est et Est de l’Ontario, l’une des cinq régions de l’organisme canadien.
On retrouve d’autre associations et regroupements au Québec, particulièrement dans le domaine de la nutrition clinique.

Des emplois de plus en plus diversifiés

Les deux dernières décennies correspondent aussi à une diversification accélérée des emplois occupés par les diététistes.

Les étiquettes traditionnelles de diététiste clinicien, gestionnaire, en santé publique ou communautaire ne suffisent plus à décrire les tâches. Actuellement, de nombreux diététistes travaillent dans plus qu’un domaine d’exercice, mais la grande majorité exerce ses activités dans le secteur de la nutrition clinique (69 %). Environ 23 % des membres œuvrent en nutrition publique ou communautaire, 11 % en gestion des services d’alimentation et 6 % dans un autre secteur de la gestion, 3 % dans l’industrie agroalimentaire et 2,5 % dans l’industrie pharmaceutique.

Environ 10 % des diététistes œuvrent dans le domaine des communications, une proportion en hausse depuis 1990. L’enseignement et la recherche regroupent respectivement 10 et 7 % des membres, la recherche étant aussi un secteur en progression.

Enfin, notons que 24 % de diététistes pratiquent leur profession comme travailleur autonome.

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