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Prescription

La diététiste/nutritionniste peut prescrire

La diététiste peut, lorsqu’une ordonnance indique que la nutrition constitue un facteur déterminant du traitement de la maladie dans le cadre de la détermination du plan de traitement nutritionnel, prescrire :

  • des formules nutritives, des vitamines et des minéraux afin d’assurer l’atteinte des besoins nutritionnels;
  • le matériel d’alimentation entérale nécessaire au plan de traitement nutritionnel;
  • la solution d’enzymes pancréatiques servant à rétablir la perméabilité du tube d’alimentation.

Description

Le choix d’une formule nutritive ou d’un supplément de vitamines et minéraux, dans le cadre d’une supplémentation, est une partie intégrante du plan de traitement nutritionnel découlant de l’évaluation individualisée. L’offre et la disponibilité des formules nutritives et des suppléments sont en constante évolution ainsi que le développement de nouvelles formules de plus en plus spécialisées.

Associé à ces formules, le matériel d’alimentation entérale approprié (sac, tubulure, seringue, etc.) doit aussi être prescrit. Le matériel disponible change selon les différents contrats d’approvisionnement et l’évolution du marché.

En pratique, une seule prescription est faite pour l’ensemble du plan d’alimentation entérale. Afin d’être couverts par la Régie de l’assurance-maladie du Québec (RAMQ), le matériel, les formules nutritives et les suppléments doivent faire l’objet, selon l’article 8 de la Loi sur l’assurance médicaments, d’une ordonnance complétée sur le formulaire prévu à cet effet, par un professionnel autorisé2.

L’activité de prescrire inclut l’initiation, l’ajustement ou l’arrêt du produit ou de la substance prescrite. Il est à noter que l’activité de prescrire inclut les vitamines et minéraux sous toutes les formes disponibles, peu importe la voie d’administration.

Modalités et conditions d’application

Pour exercer l’activité de prescription, la diététiste/nutritionniste doit remplir les conditions suivantes :

  • Être titulaire d’une attestation délivrée par l’OPDQ suivant laquelle elle a réussi une formation d’une durée de 15 heures portant notamment sur les éléments suivants :
    • Les indications pour la prévention et le traitement des conditions qui requièrent des formules nutritives, des vitamines et minéraux;
    • Les interactions et contre-indications médicamenteuses et nutritionnelles;
    • Les apports nutritionnels de référence (ANREF) et les apports maximaux toléra- bles (AMT) en vigueur pour les vitamines et minéraux;
    • Les normes de rédaction d’une ordonnance.
  • Détenir une ordonnance qui indique que la nutrition constitue un facteur déterminant du traitement de la maladie, dans le cadre de la détermination du plan de traitement nutritionnel.
  • Respecter les normes prévues au Règlement sur les normes relatives aux ordonnances faites par un médecin, par exemple la date, la durée de l’ordonnance, le nombre de renouvellements.
  • Exercer et détenir les compétences reliées au secteur de la nutrition clinique, ou à défaut réussir une formation d’appoint dont le contenu et le nombre d’heures sont déterminés par l’OPDQ.

Avant de prescrire des formules nutritives, des vitamines et des minéraux, la diététiste doit obtenir l’évaluation médicale de l’état de santé du patient et s’assurer de l’absence de contre-indications ou d’interactions médicamenteuses.

Comment faire?

  • Accéder au dossier du patient et aux autres sources d’information sur le patient;— Consulter le dossier du patient régulièrement;
  • Effectuer une collecte d’informations complète en discutant avec le patient et ses
    proches;
  • Évaluer les interactions et contre-indications médicamenteuses, mais aussi nutri- tionnelles;
  • Communiquer avec le médecin, le pharmacien ou l’infirmière dès que l’intérêt du patient l’exige.

Le diététiste doit inscrire au dossier la formule nutritive, la solution d’enzymes pancréatiques et les vitamines et minéraux prescrits ainsi que les motifs pour lesquels ils sont prescrits ou pour lesquels la dose est modifiée. La diététiste doit également inscrire au dossier le suivi requis à la suite de ses interventions.

La diététiste qui prescrit une formule nutritive, un supplément de vitamines et minéraux ou une solution d’enzymes pancréatiques doit aussi respecter les lignes directrices et les données scientifiques pertinentes les plus récentes. En santé publique notamment, l’INSPQ et l’INESSS ont émis des avis sur la prise d’acide folique chez les femmes enceintes.

Communication

La diététiste doit communiquer, au médecin traitant ou aux professionnels qui assurent le suivi de l’état du patient, le nom des formules nutritives, des vitamines et minéraux qu’elle a prescrits. Si le patient n’a pas de médecin traitant, la diététiste doit établir, préalablement à ses interventions, les corridors de services nécessaires à la prise en charge du patient et prévoir le suivi qui en découle.

Dans le contexte de la pratique en établissement de santé, le dossier du patient est l’outil de communication pour l’ensemble des professionnels. En dehors du réseau de la santé et pour la pratique privée, les diététistes/nutritionnistes peuvent utiliser l’outil de communication développé par l’Ordre (voir en annexe) afin d’optimiser la transmission d’informations.

Même si la diététiste/nutritionniste a transmis l’information au médecin, ou à tout autre professionnel concerné, elle demeure responsable du suivi de sa prescription en tout temps. En cas d’urgence ou lorsqu’une situation requiert une attention rapide d’un des professionnels concernés, la diététiste/nutritionniste doit, en plus de la communication écrite, faire un suivi directement avec ledit professionnel. En communiquant verbalement, elle pourra ainsi prévenir toute situation préjudiciable au patient et assurer un suivi sécuritaire et optimal. Toute communication verbale doit être par la suite notée au dossier.