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FAQ sur les nouvelles activités autorisées

Foire aux questions pour les intervenants de la santé et le grand public

Quels sont les médicaments que la diététiste/nutritionniste peut administrer?[+]

L’activité d’administrer des médicaments, selon une ordonnance, n’est pas restreinte à une liste. Ils doivent par contre être en lien avec l’exercice de la profession et servir la finalité des interventions de la diététiste/nutritionniste, c’est-à-dire mettre en oeuvre une stratégie visant à adapter l’alimentation pour maintenir ou rétablir la santé. Par ailleurs, les diététistes/nutritionnistes sont autorisées à administrer des médicaments par voie orale ou entérale seulement.

À titre d’exemple, l’évaluation de la physiologie de la déglutition par vidéofluoroscopie se fait par l’administration orale de baryum, mélangé à des aliments. L’évaluation de la déglutition au chevet permet de déterminer un plan de traitement nutritionnel, lequel peut avoir un impact sur la prise de médicaments, cette dernière étant fréquemment problématique. L’administration des médicaments, lors de l’évaluation de la déglutition, permet à la diététiste de déterminer, le cas échéant, l’ajustement des para-mètres rhéologiques des aliments inclus au plan de traitement nutritionnel, afin de faciliter la déglutition et éviter des complications, ou suggérer la modification de la forme des médicaments que le médecin ou le pharmacien verra ensuite à ajuster selon la condition du patient.

Aussi, lors de l’enseignement auprès de clients diabétiques ou de clients avec une alimentation entérale totale, il est parfois nécessaire d’administrer le médicament pour assurer une compréhension adéquate et une exécution sécuritaire par le patient. L’obstruction de la sonde entérale peut également requérir l’administration d’une solution d’enzymes pancréatiques pour rétablir la perméabilité du tube et ultimement, l’alimentation. S’inscrivant dans le cadre du champ d’exercice, cette activité permet aux diététistes/nutritionnistes de compléter leurs interventions et de fournir un accès rapide à l’information pour les patients tout en augmentant la sécurité des soins.

Je suis pharmacien. Comment puis-je savoir que la diététiste/nutritionniste est bien un prescripteur autorisé?[+]

Les diététistes/nutritionnistes autorisées à prescrire détiennent un numéro de prescripteur donné par la RAMQ. Ces informations sont également transmises aux développeurs de logiciels en pharmacie afin de permettre la vérification que le professionnel est un « prescripteur autorisé ».

Je suis infirmière. Je dois administrer une vitamine par voie parentérale ou intramusculaire prescrite par la diététiste/nutritionniste. Comment puis-je savoir qu’elle est un prescripteur autorisé?[+]

Dans le réseau de la santé, l’infirmière peut valider si la diététiste/nutritionniste est autorisée à prescrire en consultant le dossier du patient et avec le numéro de prescripteur de la RAMQ.

Je suis gestionnaire dans un établissement qui compte trois diététistes/ nutritionnistes. Une formation particulière doit-elle être suivie afin qu’elles puissent exercer l’activité d’administrer un médicament ou autre substance?[+]

Aucune formation spécifique ou obligatoire n’est prévue pour la mise en oeuvre de cette activité. Par contre, comme dans tout domaine d’activité, la diététiste a l’obligation déontologique de reconnaître les limites de ses compétences et de mettre à jour ses connaissances. Selon l’expérience, l’expertise et la clientèle des diététistes, le besoin de formation doit être établi individuellement et discuté avec elles.

Qu’est-ce qu’une formule nutritive?[+]

Une formule nutritive est un supplément, oral ou entéral, dont la composition est élémentaire, semi-élémentaire ou complexe et dont la consommation vise à augmenter les apports nutritionnels dans leur ensemble ou pour un nutriment spécifique. Une formule nutritive peut être utilisée pour substituer partiellement ou totalement les apports alimentaires réguliers, de façon temporaire ou permanente, et ce, pour tous les groupes d’âge. Plusieurs indications sont possibles, notamment la malnutrition, les maladies du système digestif ou rénal, les troubles de la déglutition, etc.

Que sont les vitamines et les minéraux?[+]

Les vitamines et minéraux appartiennent à la catégorie des produits de santé naturels lorsqu’ils ne requièrent pas d’ordonnance, ou à celle des médicaments lorsque la posologie dépasse un certain seuil ou que la forme d’administration est autre qu’orale. Les vitamines incluent la vitamine A, la vitamine D, la vitamine E, la vitamine K, la vitamine C, la thiamine ou la vitamine B1, la riboflavine ou la vitamine B2, la niacine ou la vitamine B6, la folacine ou le folate, la vitamine B12, l’acide pantothénique ou le pantothénate et la biotine. Les minéraux incluent le sodium, le potassium, le calcium, le phosphore, le magnésium, le fer, le zinc, l’iode, le chlore, le cuivre, le fluor, le manganèse, le chrome, le sélénium, le cobalt, le molybdène, l’étain, le vanadium, le silicium et le nickel. Les diététistes/nutritionnistes peuvent prescrire individuellement ou sous forme de combinaison les vitamines et minéraux.

Qu’est-ce qu’une solution d’enzymes pancréatiques?[+]

On entend par solution d’enzymes pancréatiques la solution administrée au patient pour procéder au déblocage du tube d’alimentation. La solution, en plus d’inclure les enzymes pancréatiques, peut inclure un autre agent tel que le bicarbonate de soude qui peut y être mélangé pour augmenter le pH de la solution. Les diététistes/nutritionnistes sont donc autorisées à prescrire toute substance incluse dans la composition de la solution utilisée pour rétablir la fonctionnalité d’un tube d’alimentation.

Qu’est-ce que le matériel d’alimentation entérale?[+]

Le matériel d’alimentation entérale comprend tout l’équipement essentiel au plan de traitement nutritionnel. Ce matériel inclus notamment la pompe d’alimentation entérale, tubulures, sacs gravité, sonde d’alimentation, système d’alimentation cutané (bouton de gastrostomie et rallonge), seringues, dispositifs de fixation et toutes autres fournitures nécessaires à la mise en place de l’alimentation entérale.

Foire aux questions pour les diététistes/nutritionnistes

Je suis diététiste/nutritionniste en pratique privée. Je souhaite prescrire un supplément de vitamines et de minéraux à un client qui n’a pas de médecin de famille et n’est suivi par aucun spécialiste. Puis-je tout de même procéder et à qui dois-je communiquer l’information?[+]

Premièrement, il faut vérifier si une ordonnance indique que la nutrition constitue un facteur déterminant du traitement de la maladie, dans le cadre de la détermination du plan de traitement nutritionnel. En l’absence d’une ordonnance, la diététiste n’est pas autorisée à prescrire tel que prévu au Règlement.

Par contre, s’il ne s’agit pas d’un produit sous ordonnance, la diététiste peut recommander à son patient la prise du supplément que ce dernier pourra se procurer et payer par lui-même.

Lorsqu’une diététiste prescrit ou recommande la prise de vitamines et minéraux, elle doit informer les professionnels concernés et consigner le tout dans son dossier. Elle doit également obtenir, au préalable, l’évaluation médicale et évaluer les possibles interactions médicamenteuses.

Je suis diététiste/nutritionniste en CHSLD. Je souhaite prolonger les suppléments de fer d’un patient anémique chez qui les apports nutritionnels sont très faibles. Par contre, le médecin traitant n’est présent qu’une fois par mois au centre. Ai-je l’obligation de lui parler avant de procéder?[+]

Si la diététiste détient une ordonnance qui indique que la nutrition constitue un facteur déterminant du traitement de la maladie, aucune autorisation du médecin n’est nécessaire pour prolonger les suppléments de fer, si la diététiste juge que ceux-ci sont requis. Elle doit s’assurer que les suppléments ne créent pas d’interactions médicamenteuses ou nutritionnelles avec un autre produit et qu’il n’existe pas d’autres contre-indications. Par contre, la diététiste doit informer le médecin traitant qu’elle a prolongé cette prescription. Elle peut utiliser le formulaire à cet effet ou tout autre mode de communication déterminé par l’établissement. Une telle approche interdisciplinaire est essentielle à des soins concertés, sécuritaires et appropriés.

Je suis diététiste/nutritionniste en soutien à domicile. Je souhaite modifier la formule nutritive d’un enfant allergique dont l’évolution de la courbe de croissance est jugée insuffisante. L’enfant a rendez-vous avec son pédiatre dans trois semaines, puis avec l’allergologue deux semaines plus tard. L’infirmière du CLSC voit l’enfant toutes les semaines également pour la pesée. Comment puis-je m’assurer d’une intervention concertée qui considère l’ensemble du portrait médical de l’enfant?[+]

L’interdisciplinarité peut être plus complexe à mettre en oeuvre lorsque les intervenants exercent dans des milieux différents. Dans ce cas-ci, la diététiste pourrait discuter en premier lieu avec l’infirmière, puisque cette dernière intervient fréquemment auprès du patient et sera concernée directement par le changement en suivant l’évolution de la courbe de croissance. Par la suite, la diététiste peut utiliser le formulaire de communication afin de transmettre le changement de prescription au pédiatre et à l’allergologue. Dans le cas d’une situation clinique plus complexe, la diététiste pourrait aussi communi-quer directement avec le pédiatre ou l’allergologue afin de discuter du cas. Enfin, dans le cas où plusieurs professionnels et prescripteurs autorisés interviennent au dossier, il est important de faire une collecte d’informations complète et d’obtenir une évaluation médicale à jour de l’enfant. Ainsi, si des investigations ou examens sont prévus prochainement et pouvaient modifier le plan de traitement de la diététiste, celle-ci pourra mieux concerter et planifier son intervention.

Je suis diététiste/nutritionniste en soutien à domicile. Je souhaite procéder au retrait définitif du tube d’alimentation d’un client dont la dysphagie et la malnutrition sont complètement résolues. Par contre, des soins de la peau sont à prévoir et les effectifs en soins infirmiers sont insuffisants dans le programme. Puis-je tout de même procéder au retrait du tube et envoyer le client à l’hôpital ou à l’urgence pour faire les suivis?
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La diététiste/nutritionniste est responsable du suivi de ses interventions en tout temps. Elle ne peut poser des gestes sans prévoir le suivi au préalable. Si aucun professionnel n’est disponible pour faire le suivi, vous devez éviter de retirer le tube en présumant qu’un autre professionnel dans un milieu inconnu assumera le suivi. Dans un tel cas, la diététiste/nutritionniste devrait discuter avec le gestionnaire responsable du programme et le médecin traitant qui a émis l’ordonnance afin de déterminer les solutions possibles et ce qui est le plus optimal et sécuritaire pour le patient.

Je suis diététiste/nutritionniste en centre hospitalier de soins aigus au programme de neurologie. Le médecin a effectué une requête pour procéder à une vidéofluoroscopie de la déglutition chez un patient post AVC afin de déterminer si la voie d’alimentation orale est viable et sécuritaire. Je souhaite participer à l’examen et administrer le baryum. Mes collègues ergothérapeutes et orthophonistes ne sont pas disponibles. Comment procéder?[+]

L’interdisciplinarité doit être prônée tout au long du continuum de services offerts au patient. Selon l’organisation et les ressources disponibles dans le milieu de travail, il est possible que les différents professionnels qui peuvent être impliqués en cas de dysphagie ne soient pas tous présents au moment de l’évaluation de la déglutition, qu’elle soit au chevet ou instrumentale. Dans de tels cas, la diététiste/nutritionniste aura avantage à discuter avec ses collègues afin de déterminer au préalable les objectifs de l’examen et ainsi s’assurer de l’efficience de son déroulement. Les mêmes principes s’appliquent à la suite de l’examen pour la communication des résultats et la détermination d’un plan d’intervention interdisciplinaire.

Je suis diététiste/nutritionniste en soutien à domicile. La conjointe d’un patient âgé de 78 ans souffrant de Parkinson m’indique que la prise de médicaments est très difficile et que celui-ci tousse souvent. J’évalue la déglutition, incluant la prise de médication, et je note qu’une modification de la forme des médicaments est effectivement requise. À qui dois-je communiquer cette information?[+]

Tout d’abord, la diététiste doit indiquer au dossier le nom des médicaments prescrits qu’elle a administrés, ainsi que son opinion professionnelle quant à la capacité de déglutition du patient et les impacts ou les risques sur sa santé et sa sécurité. La diététiste/nutritionniste devra ensuite communiquer avec le médecin traitant et/ou le médecin spécialiste qui a émis l’ordonnance. De plus, le pharmacien devra être avisé afin de pouvoir conseiller le médecin quant aux alternatives et aux formes de médicament les plus appropriées ou, éventuellement, afin de pouvoir lui-même les modifier. Si la sécurité du patient est compromise dans l’immédiat, la diététiste doit faire ces interventions rapidement. Elle est responsable de la situation jusqu’à ce qu’elle se soit assurée qu’un suivi approprié à ses interventions sera donné.

Je suis diététiste/nutritionniste en soutien à domicile. Je visite un patient tétraplégique pour l’évaluation des apports nutritionnels en lien avec une plaie de pression dont la guérison est sous-optimale. Le jeune homme est seul chez lui à ce moment et me demande de l’aide pour prendre sa médication prescrite : lipitor, tylenol, effexor. Puis-je lui administrer étant donné son incapacité physique?[+]

L’autorisation d’activités aux diététistes/nutritionnistes ne vise pas à se substituer aux rôles ou fonctions d’un autre intervenant ou professionnel au sein de l’équipe. Si l’administration de médicaments n’a aucun lien avec la détermination du plan de traitement nutritionnel ou la surveillance de l’état nutritionnel, la diététiste ne doit pas procéder à l’administration de médicaments. Par contre, la diététiste ne devrait pas laisser le jeune homme seul sans s’assurer qu’il puisse prendre sa médication si celle-ci est importante. En cas de doute, la diététiste peut communiquer avec le pharmacien, l’infir-mière ou tout autre professionnel au dossier afin de déterminer l’intervention la plus appropriée et les moyens d’éviter qu’une telle situation se reproduise.

Je suis diététiste/nutritionniste. Je souhaite prescrire des probiotiques ou des omega-3 à mon patient. Suis-je autorisée à le faire?[+]

Les probiotiques et les omega-3 sont considérés comme des produits de santé naturels selon la Loi sur les aliments et drogues. Ils ne sont donc pas visés par les produits et substances qui peuvent être prescrits en vertu du Règlement. Par ailleurs, puisque ces produits sont vendus sans ordonnance, les diététistes peuvent recommander à leur patient d’en consommer, si elles jugent que le produit est pertinent, apporte une valeur clinique ajoutée et que les bienfaits ou l’efficacité sont soutenus par les données de la science.


Je suis diététiste/nutritionniste. Le médecin du GMF dans lequel je travaille m’a référé un patient pour le suivi et le traitement de conditions cardiovasculaires. Ai-je besoin d’une ordonnance supplémentaire si je souhaite prescrire des suppléments de calcium et de vitamine D?[+]

Comme la diététiste/nutritionniste est en présence d’une ordonnance, elle est autorisée à prescrire des vitamines et minéraux. Par contre, dans ce cas-ci, la diététiste a reçu une ordonnance pour le traitement de conditions cardiovasculaires, un diagnostic qui n’est pas lié à la prise de calcium et vitamine D. La diététiste doit donc obtenir, au préalable, l’évaluation médicale du patient. Si l’évaluation nutritionnelle révèle un risque de carence pour ces deux nutriments, mais qu’aucun diagnostic d’ostéoporose ou autre condition justifiant la prise de ces nutriments, la diététiste/nutritionniste ne peut prescrire des vitamines et minéraux. Si, par contre, la condition a déjà fait l’objet d’un diagnostic, la diététiste/nutritionniste peut initier, ajuster ou prolonger l’ordonnance de calcium et vitamine D.

Lorsque la diététiste prescrit la prise de vitamines et minéraux, elle doit informer les professionnels concernés et consigner le tout dans son dossier. Comme le patient a été référé par le médecin du GMF, ce dernier devrait être informé de l’ajout de ces médicaments au profil du patient afin de faire le suivi approprié, le cas échéant.

Je suis diététiste/nutritionniste au soutien à domicile. Un patient, sous alimentation entérale, vient d’être transféré de l’hôpital par la diététiste/ nutritionniste qui y travaille. Je reçois les notes de transfert et le dossier du patient. Je remarque qu’une ordonnance par le médecin de l’hôpital qui indique « consultation en nutrition pour alimentation entérale post-chirurgie intestinale » figure au dossier. Est-ce que je peux prescrire, ajuster ou prolonger les formules nutritives à domicile pour le patient ou dois-je obtenir une nouvelle ordonnance?[+]

Puisqu’une ordonnance figure déjà au dossier du patient pour la même condition, la diététiste peut prescrire, ajuster ou prolonger les formules nutritives ou le matériel d’alimentation entérale pour le patient. Le fait d’offrir les soins au patient à partir d’un autre programme n’élimine pas l’ordonnance initiale du médecin qui indique que la nutrition constitue un facteur déterminant dans le traitement de sa maladie, et ce, dans un souci de continuité de soins à la population. La diététiste/nutritionniste doit s’assurer d’obtenir en tout temps l’actualisation de la condition médicale du patient.