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Les diététistes dénoncent le manque de dépistage

Article de Patrick Georges

Publlié dans le Journal de Montréal, mercredi le 19 février 2014

 

L’Ordre professionnel des diététistes du Québec (OPDQ) réclame le dépistage systématique des problèmes nutritionnels chez les aînés en CHSLD, mais l’idée est loin de faire l’unanimité.

Au Canada, près de la moitié (45%) des personnes placées en centre d’hébergement souffrent de malnutrition et plus de 60% d’entre elles risquent d’en souffrir, selon ce que rapporte l’OPDQ.

«Ça veut dire qu’on laisse des gens malades devenir encore plus malades parce qu’on ne peut pas s’occuper correctement de leur nutrition. C’est scandaleux», a déploré la présidente de l’OPDQ, Anne Gagné.

La malnutrition entraîne d’importantes conséquences sur la santé des personnes âgées, qui sont bien souvent dans un état précaire.

«Lorsque l’alimentation ne correspond pas aux besoins des patients, ils sont encore plus vulnérables. On parle d’essoufflement, d’étourdissements, de chutes. Les patients sont aussi beaucoup plus sensibles aux infections, les cas s’aggravent rapidement», a expliqué Mme Gagné

Mardi, la présidente de l’OPDQ a officiellement déposé un mémoire demandant au gouvernement Marois la mise en place du dépistage obligatoire des problèmes nutritionnels, tel qu’il est actuellement prescrit en Ontario et en Colombie-Britannique.

Ce dépistage permet non seulement d’intervenir beaucoup plus rapidement, mais il permet également d’économiser de façon importante en évitant d’attendre que l’état de la personne affectée ne s’aggrave, selon Mme Gagné.

Le président du Conseil pour la protection des malades, Paul G. Brunet, est en profond désaccord avec le concept de dépistage dans le contexte actuel.

«Le vrai problème, ce n’est pas qu’on les nourrit mal, c’est plutôt qu’on ne les nourrit pas. Les chariots de nourriture sont à peine touchés et ils reviennent à la cafétéria avec la plupart des assiettes pleines parce que les préposés doivent faire la vaisselle avant une certaine heure», a dit M. Brunet.

La directrice générale de l’Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux, Diane Lavallée, s’oppose également au dépistage systématique.

«Ça n’a pas à être obligatoire. Selon notre évaluation, toutes les personnes en CHSLD ont dû avoir l’évaluation d’une nutritionniste. Ça fait partie de leur routine», a-t-elle dit.